Il y a des instruments que l’on choisit… et d’autres qui nous choisissent.
Le saxophone fait partie de ceux-là.
Depuis l’âge de 7 ans, il m’accompagne, me façonne, m’ouvre des portes et me relie profondément aux autres. Aujourd’hui encore, il est bien plus qu’un instrument : il est un langage, un refuge, une source d’émotions et le cœur de ma vie professionnelle.
Une rencontre précoce, presque évidente
À 7 ans, on ne met pas toujours des mots sur ce que l’on ressent. Pourtant, dès les premières notes, quelque chose s’est passé.
Le saxophone n’était pas seulement un objet à apprivoiser : il devenait une extension de moi-même. Sa voix chaude, tantôt douce, tantôt puissante, semblait capable de dire ce que je ne savais pas encore exprimer.
Avec le temps, cette relation s’est approfondie. Les heures de pratique, les doutes, les progrès, les scènes, les silences aussi… Tout a construit un lien intime, presque organique, entre l’instrument et moi.
Un générateur d’émotions profondes
Le saxophone a cette particularité unique : il respire.
Il vibre au rythme du souffle, du cœur, de l’émotion du moment. Chaque note peut être chargée de nostalgie, de joie, de mélancolie ou d’espoir. Il n’y a jamais deux interprétations identiques, car il n’y a jamais deux instants identiques.
En jouant, je ressens autant que je transmets.
Parfois, ce sont des frissons.
Parfois, une sensation d’apaisement profond.
Parfois, une montée d’énergie presque euphorique.
C’est cette richesse émotionnelle qui fait du saxophone un instrument si puissant, et qui explique aussi sa place naturelle dans une approche de musicothérapie.
Des moments de vie exceptionnels
Grâce au saxophone, j’ai vécu des moments que je n’aurais jamais imaginés enfant :
des scènes vibrantes, des rencontres inspirantes, des instants suspendus lors d’événements, de concerts, de moments intimes ou festifs.
Mais les moments les plus forts ne sont pas toujours les plus visibles.
Ce sont souvent ceux où une personne vient me dire :
“Ta musique m’a fait du bien.”
“J’ai oublié mes soucis pendant quelques minutes.”
“J’ai ressenti quelque chose de profond.”
À cet instant précis, la musique dépasse la performance. Elle devient lien, soin, présence.
Vivre de sa passion : une chance et une responsabilité
Aujourd’hui, le saxophone me permet de vivre de ma passion.
C’est une immense chance, mais aussi une responsabilité : celle de jouer avec sincérité, avec intention, et avec cœur.
Vivre de la musique, ce n’est pas seulement jouer des notes.
C’est écouter, ressentir, s’adapter, transmettre une énergie juste. C’est comprendre que chaque son peut avoir un impact, même subtil, sur celles et ceux qui l’entendent.
C’est aussi ce chemin qui m’a naturellement conduit vers la musicothérapie : utiliser la musique non seulement pour divertir, mais pour apaiser, accompagner, reconnecter.
Le saxophone et la musicothérapie : une évidence
Dans le cadre de la musicothérapie, le saxophone trouve une place toute particulière.
Sa voix proche de la voix humaine, sa capacité à soutenir une respiration lente, à envelopper sans agresser, en font un outil précieux pour :
- favoriser la détente
- accompagner les émotions
- créer un espace sécurisant
- inviter à l’introspection ou au lâcher-prise
Il ne s’agit pas de “jouer pour impressionner”, mais de jouer pour ressentir et faire ressentir.
Une histoire qui continue
Après toutes ces années, le saxophone continue de m’apprendre.
Il m’apprend la patience, l’écoute, l’humilité et la présence à l’instant. Il me rappelle que la musique n’est pas une finalité, mais un chemin.
Un chemin vers soi.
Un chemin vers l’autre.
Un chemin vers le mieux-être.
Et c’est exactement pour cela que j’écris ce blog : pour partager cette conviction profonde que la musique — et le saxophone en particulier — peut être bien plus qu’un art. Elle peut devenir un véritable compagnon de vie.